Infrastructures

Des prières contre ceux qui brûleront des pneus sur la voie publique

Depuis le début des travaux, il y a plusieurs semaines déjà, on a tout entendu à Moroni. La querelle autour du bitume, d’abord. Deux camps se sont formés : celui des partisans de ceux qui font faire les travaux aujourd’hui et celui de ceux sans lesquels il n’y aurait pas eu de bitume mais ‘‘qui n’ont pu l’amener aux Comores’’. Une querelle, bien sûr, qui n’est pas la nôtre et que nous abandonnons pour suivre les travaux sur le chantier.

A Moroni, nombreux sont les jeunes qui font des veillées autour des engins dans les différents quartiers pour éviter le sabotage de ces derniers. L’on se rappelle, il y a quelques jours, l’état d’avancement des travaux avait été quelque peu freiné à la suite d’un engin tombé en panne. Une panne qui, selon certains, ne serait pas ordinaire mais relèverait de sabotage. D’aucuns croient déceler le sabotage partout.

Duan et fatiha

Mais ne leur demandez pas le ou les saboteurs. Ils n’en savent rien si non vous racontent des balivernes. Dans tous les cas, convaincus de cela, ils font attention. Et voilà donc qui explique les veillées nocturnes dans les quartiers de la ville pour surveiller les machines. Un index accusateur est pointé en direction de certaines formations politiques accusées d’alimenter le sabotage mais sans le moindre indice objectif et sérieux pour étayer une thèse aussi grave.

Dans la journée, depuis que les travaux ont commencé véritablement en ville, nombreux sont les embouteillages qui rendent quasi impossible la circulation en ville. Hier, à bord d’un taxi de l’hôpital El-Maarouf aux bureaux de la Snpsf, près du port, le trajet s’est effectué en 25 minutes. En temps normal, 5 minutes suffisent pour rallier les deux points. Les files de voitures, mises à part, le spectacle est beau, voire insolite. Il n’est pas donné de voir tous les jours dans la rue, des gens sortis nombreux de chez eux, de leurs lieux de travail (bureaux ou magasins) juste pour voir une route en construction.

La joie des Moroniens de voir leurs routes remises en état est tellement immense que les gens, dans les quartiers ou dans les mosquées font des prières pour que les travaux finissent ‘‘vite et bien, sans incident’’. On prie le ciel pour que le nouvel ouvrage ne soit victime des vandales souvent vus pendant les moments d’agitation sociale.

‘‘Cette fois, dira encore cet anonyme du taxi, nous nous en prendrons à quiconque voudra brûler des pneus sur la voie publique pendant les manifestations de rue’’. Pour lui, chacun est libre de manifester quand il a envie mais personne n’est autorisé à mettre le feu sur la chaussée. ‘‘Il aura affaire à nous, nous ne le laisserons pas tranquille, nous nous en prendrons à lui’’.

Un manifestants averti….

M.H

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