
Le Dr Muigni Baraka (à droite) et Nkurumah |
Il y a 20 ans disparaissait le Dr Said Omar Abdallah, le célèbre Muigni Baraka, en 1988 à son domicile de Hantsambou (Itsandra). La 20e commémoration de la disparition de cette grande figure nationale et internationale revêtira une particularité aux Comores, selon les animateurs du comité d'organisation de l'évènement. Ils ont convié, à cet effet, la presse à une réunion d'information, mercredi 5 mars au centre Cclb à Moroni, pour faire le point du lancement des préparatifs des festivités religieuses et culturels prévues au mois de juillet prochain, suivant le calendrier lunaire.
Pour rappel, Muigni Baraka a rendu l'âme en mars 1988 correspondant au mois de Rajab du calendrier hégirien. Cette année, ce mois lunaire coïncidera avec le mois de juillet grégorien. Beaucoup de festivités seront au programme, comme l'a souligné le docteur Abdourahim Said Bakar, membre du comité. Outre les cérémonies de recueillement dans les différentes mosquées du pays, il y aura un colloque, une exposition photos, une conférence à l'Université des Comores et une soutenance des travaux effectués sur le regretté Al-habib Said Omar Abdallah, notamment sa célèbre thèse ''Some Aspects of the Concepts of Felicity in Medevial'', soutenue au Oriel College Oxford d'Angleterre en mai 1963.
A l'occasion de cette 20e commémoration, il y aura aussi le lancement de sa Fondation et 2008 sera consacrée ''Année Muigni Baraka''. Pure coïncidence, relève le professeur de philosophie et passionné de Muigni Baraka, Ismaël Ibouroi, car ''Moroni est élue capitale culturelle du monde arabe à la même période''.
Al-habib Dr Said Omar Abdallah fut le plus célèbre lettré musulman comorien du 20e siècle, a déclaré Ismaël Ibouroi. ''Sa célébrité a été plus importante à l'extérieur qu'à l'intérieur du pays'', a-t-il précisé avant d'ajouter que le monde extérieur a plus profité de son enseignement contrairement aux Comoriens qui l'ont découvert trop tardivement. C'est à partir de 1975 que l'on commencera à connaître son érudition aux Comores et cela après avoir parcouru une grande partie de la planète.
L'enseignant, chercheur, religieux, philosophe, biologiste, juriste et diplomate, cet homme de plusieurs qualités meilleures est l'ami de tout le monde, a tenu à préciser encore Ismaël Ibouroi. L'homme a roulé sa bosse partout et a rencontré même des sommités du monde occidental comme oriental parmi lequel, Kwamen Nkurumah et donné des conférences dans de grands centres internationaux. Il est dit qu'il avait une ''approche rationnelle des sciences'', difficiles à admettre, comme au temps des anciens penseurs musulmans. Le séminaire sur la pensée Muigni Baraka sera l'occasion de rassembler le maximum d'écrits sur lui notamment de la part d'éminents chercheurs étrangers qui s'intéressent beaucoup de sa vie et de son œuvre.
Le docteur Ahamada Elbadaoui, rendant hommage à l'œuvre du défunt fundi, a cité son exploit d'avoir converti à l'islam, entre autres, une américaine rencontrée à Londres et qui se mariera ensuite avec un Comorien musulman. Quant à Dr Said Hassane, il dit avoir toujours été fasciné par l'aspect extérieur plein de simplicité de l'homme. Pour lui, c'était tout un enseignement. Il regrette, cependant, le déficit d'écrits sur Muigni Baraka, d'où la nécessité d'un colloque pour enrichir le fond documentaire de la Fondation Muigni Baraka. Cette dernière sera un centre de documentation doté d'une salle de conférence, comme l'a souligné Soilihi Mohamed Soilihi. Un terrain à bâtir est mis à disposition par la famille de Muigni Baraka qui détient seule la propriété intellectuelle des œuvres. Cette 20e commémoration rassemblera à Moroni une foule d'admirateurs et de proches d'Al-habib Said Omar Abdallah en provenance de Tanzanie, Londres, Turquie et bien d'autres contrées.
Le comité convoquera une assemblée générale, vers fin avril à début mai, pour évaluer les moyens nécessaires devant servir à l'organisation de l'événement. Un appel est lancé aux personnes physiques et morales de bonne volonté et un compte bancaire sera ouvert à cette fin.
M. Soilihi Ahmed |