El-Maarouf

Un nouveau directeur pour relever les défis

Ibrahim Abdourazak (Razida), ancien directeur des ressources humaines à Comores-Télécom, vient d’être nommé à la direction générale du Centre hospitalier national El-Maarouf de Moroni. Si cette nomination était très attendue dans le principal établissement hospitalier du pays, il n’en demeure pas moins que son annonce a suscité diverses réactions dans les milieux médicaux et paramédicaux. Il n’y a que dans les milieux syndicaux seulement où l’on semble apprécier positivement cette arrivée de Razida.

Ancienne secrétaire générale du Syndicat des agents de santé (Synas), Ramlate Hassane a déclaré n’avoir ‘‘pas pris encore connaissance officiellement de cette nomination’’. Elle aura la gentillesse de nous recommander son successeur à la direction du Synas, Mahamoud Ibrahim, laborantin à El-Maarouf.

‘‘Nous avions eu assez d’un comité provisoire pour diriger l’établissement’’, a dit d’emblée celui-ci avant de poursuivre dans la foulée : ‘‘nous voulions un directeur, voilà qu’il vient d’être nommé’’. De l’avis de Mahamoud Abdallah, les choses doivent entrer, désormais, dans l’ordre avec un homme comme lui. ‘‘Je sais que ce n’est pas un administrateur mais c’est un homme de fermeté’’, avant de se dire convaincu qu’il existe de meilleurs chances pour que la feuille de route des états généraux de l’hôpital soit mise en chantier. ‘‘Du seul fait qu’il y a un directeur de l’hôpital, je suis convaincu que les choses marcheront mieux qu’avec le comité directoire’’.

Le leader du Synas reconnaît que le nouveau directeur du Chn de Moroni n’est pas un homme du milieu, ce n’est pas un administrateur mais qu’il ‘‘saura, malgré tout, prendre à bras-le-corps les problèmes de l’hôpital. Je lui fais confiance’’. Après tout, ‘‘nous avons eu, ici, des administrateurs, des médecins, et pourtant les choses n’étaient guère meilleures. Maintenant, attendons de juger sur les actes. Mais, je sais d’emblée que l’homme est compétent’’.

Quant à Djabir Kassim, infirmier au service Réanimation de l’hôpital, il ne voit pas les choses avec les mêmes lunettes. ‘‘Il fallait qu’il y ait un directeur à l’hôpital. Nous attendions cela, nous le voulions, en tout cas. C’était primordial’’, a-t-il dit. M. Kassim estime que la situation de l’hôpital El-Maarouf, aujourd’hui, est si ‘‘préoccupante qu’il fallait voir l’homme qu’il faut au regard de ces difficultés. J’ai beaucoup de respect pour le nouveau directeur mais je doute fort qu’il soit à la hauteur de la tâche’’. De l’avis de cet infirmier, El-Maarouf a besoin, aujourd’hui, d’un administrateur assez pugnace qui saura traduire en actes les actes pris par les récents états généraux. ‘‘L’administration d’El-Maarouf n’est pas pareille à celle de la Ma-Mwe ou de Comores-Télécom, je suis déçu. On est encore loin du recours systématique aux compétences dont on nous a toujours parlé’’, a dit, presque amer, l’infirmier.

Déclarant ne rien connaître du nouveau directeur, le docteur Assad Saïd Omar, chirurgien à El-Maarouf, semble tomber des nues. ‘‘C’est le mal du pays. On ne nomme pas la personne qui connaît mais plutôt la personne qu’on connaît’’, dira le médecin qui se demande ‘‘si l’hôpital El-Maarouf a trouvé la personne qu’il faut face aux défis posés par les états généraux’’.

M. Hassani

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