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Atelier sur l’évaluation du processus électoral : Conférer aux médias «un rôle prépondérant»

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Selon le représentant des partis politiques, les médias doivent jouer «un rôle prépondérant» dans le processus électoral et doivent, pour se faire, être soumis à l’obligation d’utiliser des badges et des cartes de presse délivrées par l’autorité publique. Il propose, par ailleurs, d’obliger les leaders politiques candidats à une élection de participer à des débats contradictoires radiotélévisés.

 

Par  Mohamed Youssouf 

L’atelier national sur l’évaluation du processus électoral a pris fin hier, jeudi, à l’hôtel Retaj après trois jours de travaux. Il était question de «relever les anomalies» qui ont mis à rude épreuve la transparence et l’intégrité des dernières élections présidentielles et les scrutins des gouverneurs des îles) et de proposer des recommandations destinées à «éviter que les mêmes erreurs ne se reproduisent à l’avenir».

En présence des représentants des partis politiques, de la Cour constitutionnelle, du Conseil national de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa) et de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le directeur des élections au ministère de l’Intérieur, Toimimou Mbaé, a justifié l’importance de cet atelier par la nécessité de mieux préparer le cycle électoral 2019-2021. Il a, en outre, déploré l’absence de «plus de professionnalisme et de formations spécifiques à chaque institution et générales à tous les organes chargés de la gestion des élections.»

Selon le président de la Commission nationale des droits de l’homme, Mohamed Ahmed Allaoui, «l’organisation de ce séminaire aura, au moins, eu le mérite de faire prendre conscience à tout un chacun par rapport aux irrégularités du processus électoral passé. Désormais, chaque organe reconnaît ses erreurs, aussi bien la Ceni, les partis politiques que toutes les autres parties prenantes.»

Les différents groupes de travail proposent, entre autres, de soigner la gouvernance financière des organes en charge de la gestion électorale, de modifier le code électoral et d’assainir l’environnement médiatique. Pour le délégué du Cadre de concertation des partis politiques, Ibrahim Ben Ali Sélémane, «cet atelier a permis de prendre les meilleures dispositions du protocole d’entente signé à Beit-salam lors des élections, notamment le contrôle des convois et du dépouillement des résultats électoraux en les insérant dans la loi électorale.» 

Et d’ajouter que les médias doivent jouer «un rôle prépondérant» dans le processus électoral. Pour cela, «nous proposons une réorganisation juridique des médias avec l’obligation d’utiliser des badges et des cartes nationales de presse. Nous soutenons également la proposition qui consiste à obliger les leaders politiques à participer à des débats contradictoires radiotélévisés» dit-il.

Certaines recommandations font souvent l’objet de débats, notamment la prise en compte de la campagne sur les réseaux sociaux, l’interdiction de toute réunion à caractère électoral à plus de six mois de l’échéance, l’interdiction d’ouvrir ou de relancer un média à moins de trois mois des élections, etc. Une commission sera mise en place pour se charger de la rédaction d’un rapport définitif qui prendra en compte toutes les préconisations formulées durant cet atelier. Ce rapport sera ensuite adressé au gouvernement pour approbation avant d’être soumis à l’adoption de l’Assemblée nationale.

 

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Le rapport qui accable la Ceni

 

Si l’on en juge par le rapport d’audit des comptes de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) au terme des élections harmonisées des conseillers des îles et des députés  de 2015, la gestion financière de la Ceni est loin d’être transparente. A l’absence de plan et de bilan comptable et de compte de résultats, il faut ajouter, les dépenses faites soit par le président, soit par le secrétaire général sans un comptable public.

Sur les un peu plus de 161,235 millions de francs alloués aux listes électorales, 22,260 millions auraient été dépensés «sans justificatifs». Les états de paiements du staff sont de 225,004 millions au lieu de 244,539 millions. Plus de 19,535 millions seraient utilisés sans justification.

Pour ce qui est des dépenses en équipements, sur les plus de 67,892 millions enregistrés, 2,634 millions auraient été dépensés sans aucune pièce justificative. En ce qui concerne les dépenses dans le compte fonctionnement de la commission, plus de 22,073 millions  «ne sont pas justifiés». 200.000 francs ne seraient pas justifiés, également, dans l’opération d’achat de véhicules estimée à 20 millions, mais acheté à 19,800 millions.

En conclusion, selon les investigations de la Cour suprême, la somme de plus de 153,213 millions de francs a été dépensée «soit sans pièces justificatives, soit avec des pièces justificatives insuffisantes». Par ailleurs, conclut le rapport, «L’absence des pièces justificatives des dépenses effectuées, les états financiers remis par la Ceni ne reflètent pas de manière sincère et fidèle sa situation financière et ne sont pas présentés en conformité avec les principes comptables».

M.Y