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Le président Azali à la Cop 22 à Marrakech : «Ce sommet doit être celui de la raison et de l’action»

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Pour le président Azali Assoumani, ce sommet de Marrakech doit être «celui de la raison et de l’action» et constituer un tournant dans l’histoire contemporaine à travers un engagement politique renouvelé pour la mise en œuvre de décisions de portée réelle. «Il sera donc indispensable que les différents fonds, notamment le fonds vert pour le climat, soient alimentés comme prévu et de manière pérenne par les pays développés, sans préjudice des dotations accordées au titre de l’aide publique au développement», a-t-il dit.

 

Par Nazir Nazi

Le segment conjoint de haut niveau de la 22ème conférence des parties sur les changements climatiques (Cop22) s’est ouvert mardi 15 novembre  dans la grande salle plénière du site de Bab Ighli. Une quarantaine de chefs d’Etat et de gouvernement ont été accueillis dans la matinée par Sa Majesté Mohammed VI, roi du Maroc.

Les représentants des pays signataires de l’Accord de Paris se sont succédé mardi et mercredi à la tribune. Ce Sommet de la Cop22 s’achève ce jeudi 17 Novembre avec les déclarations des organisations intergouvernementales et non gouvernementales.

Selon le ministre marocain des Affaires étrangères et président de la Cop22, Salaheddine Mezouar, cette conférence est historique dans la mesure où elle «prouve la sensibilité de tout un chacun face au réchauffement climatique». Il a déclaré que l’entrée en vigueur de l’accord de Paris en moins d’une année témoignait de la détermination politique des chefs d’Etats à sauvegarder la planète.  Après la projection d’un film marocain intitulé «Un royaume durable», Mezouar a ensuite invité Sa Majesté à prononcer son allocution.

Pour Mohamed VI, le fait que Marrakech accueille aujourd’hui la Cop22 constitue la preuve de l’intérêt que le Maroc attache aux questions de l’environnement et du climat. Il a affirmé que l’humanité entière plaçait de grands espoirs sur les décisions issues de cette conférence et qu’elle attendait plus que la simple annonce d’engagements et de principes pour enrayer le réchauffement climatique et en atténuer les effets.

*«Le bilan de cette conférence sera décisif pour le devenir de la nouvelle génération des conférences des parties, qui devront se focaliser sur l’initiative et l’action. L’Accord de Paris n’est pas une fin en soi. L’heure est venue pour redresser la situation actuelle. Cette conférence en Afrique nous incite à donner la priorité à la nécessité de remédier aux impacts négatifs des changements climatiques, qui ne cessent d’empirer dans les pays du sud et les pays insulaires menacés dans leur existence même», a insisté Mohammed VI, avant de demander si «nos conférences et nos accords auront un sens si nous laissons les catégories les plus vulnérables, là-bas dans les îles menacées de disparition et dans les champs confrontés au risque de la désertification en Afrique, en Asie et en Amérique latine, face à leur destin lourd de périls.»

A son tour, le secrétaire général des Nations-Unies a déclaré que l’accord de Paris est entré en vigueur bien avant la date prévue. «L’Onu représente l’enceinte efficace pour lutter contre le réchauffement climatique et les chefs d’Etats et de gouvernements doivent continuer à prouver leur volonté. J’engage tous les pays à accroitre toutes leurs ambitions pour préserver le sort de nos générations futures, en refaçonnant le développement pour qu’il soit résilient. J’invite les pays développés à honorer leurs engagements», a-t-il dit.

Durant son discours, le président Azali Assoumani a souligné que les Comores, qui viennent de ratifier l’accord de Paris, allaient joindre leurs efforts à ceux de toutes les autres parties pour atteindre les objectifs consignés dans le texte.

Pour lui, ce sommet de Marrakech doit être «celui de la raison et de l’action» et constituer un tournant dans l’histoire contemporaine à travers un engagement politique renouvelé pour la mise en œuvre de décisions de portée réelle. «Il sera donc indispensable que les différents fonds, notamment le fonds vert pour le climat, soient alimentés comme prévu et de manière pérenne par les pays développés, sans préjudice des dotations accordées au titre de l’aide publique au développement, et que l’accès aux sources de financements soit simplifié pour répondre aux attentes des communautés les plus vulnérables à la variabilité et au changement climatique, notamment les Pma et les Pied», a demandé Azali Assoumani.

Pour le chef de l’Etat comorien, les graves menaces auxquelles les Nations font face, telles que les changements climatiques, l’élévation du niveau de la mer, les catastrophes naturelles et écologiques, ainsi que les autres grands défis qui doivent être relevés ensemble, auront une issue heureuse à travers une mobilisation planétaire et un engagement sans faille.

«La réussite de cette Cop22 contribuera à réduire l’insécurité, facteur de déstabilisation de nombreuses régions vulnérables et sera, pour les populations de la planète, notamment les femmes et les jeunes, un gage d’amélioration de la vie quotidienne ainsi qu’une contribution concrète à la prospérité commune et au bien-être de tous», a-t-il ainsi conclu son allocution.