
En ce qui concerne Mayotte, l’État respectera ses engagements. Le gouvernement s’est employé depuis plusieurs mois à préparer les conditions de la consultation populaire qui sera organisée en 2009’’. Extrait du discours prononcé par Nicolas Sarkozy le 27 novembre dernier au Palais de l’Elysée, devant les élus d’Outre-mer. Le président français a parlé de ‘‘départementalisation progressive et adaptée’’.
Un analyste de Malango Eric Trannois, écrit que ‘‘la marche vers la départementalisation se heurte immanquablement à “l’adaptation à Mayotte[/i]” des mesures envisagées’’, parce que ‘‘ces ‘adaptations’ consistent le plus souvent pour une grosse partie de Mahorais à refuser ce qui les dérange’’. Selon lui, ‘‘les Mahorais veulent être départementalisés, mais avec une législation sur mesure qui se pencherait davantage sur les droits que sur les devoirs!’’. Un Professeur à la Faculté de Droit et des Sciences politiques de l’Université de La Réunion soutient que sur le plan politique et diplomatique une départementalisation de Maore peut être ‘‘[i]de nature à entraîner de nouvelles critiques émanant d’entités internationales telles que les Nations unies et la Ligue des Etats arabes qui se sont toujours prononcées pour le retour de Mayotte dans l’ensemble comorien, sans consultation préalable de sa population’’.
Pour ceux qui doutaient encore de la détermination de la France à organiser, bientôt, son référendum sur la départementalisation de l’île comorienne de Maore, voilà de quoi à éclairer leur lanterne.
Pour, sans doute, accélérer le processus infernal, une rencontre est prévue, très bientôt, entre une délégation d’élus de l’île et le président Sarkozy, le 16 décembre prochain au Palais de l’Elysée. Le président du Conseil général mahorais, Ahmed Attoumani Douchina, dit vouloir aller ‘‘se faire une idée plus précise’’ [/i]du terme ‘‘[i]départementalisation progressive et adaptée’’, employé par le chef de l’Etat français devant les maires de l’Outre-mer.
Devant ce qui apparaît aux Mahorais comme une simple locution à clarifier, mais qui, pour les autres Comoriens, sonne comme la confirmation d’‘‘une déclaration de guerre’’ pour emprunter le terme employé récemment par un parlementaire comorien). Au niveau du Groupe de Travail de Haut Niveau ou Gthn, inutile de demander son approche par rapport à cette reconfirmation au sommet de l’Etat français. Il n’en aura aucune, puisque ce groupe est investi d’une mission bien définie, qui consiste à aménager un nouveau terrain de coopération entre les îles.
Reste à compter sur les difficultés qui, apparemment, affectent ce processus, et prier que l’infortune des autorités françaises fasse le bonheur des Comores. En effet, quoi que les Mahorais pro-départementalistes jubilent déjà, avant même la publication de ce tableau nuancé, avant même d’avoir pris connaissance de l’intitulé de la question qui leur sera posée, il s’avère qu’une masse d’embûches est semée sur la voie qui mène à la départementalisation rêvée.
“Identité Maoraise et exigences de notre système républicain”
En effet, quoi que Nicolas Sarkozy classe ce référendum parmi les engagements pris par l’Etat – ‘‘une promesse est une promesse…[/i]’’, disait-il – ce dernier souhaite néanmoins ‘‘[i]un modèle de département qui soit respectueux de l’identité de Mayotte mais aussi des exigences de notre système républicain’’.
Les exigences proprement dites, énoncées dans ‘‘le pacte de la départementalisation[/i]’’, rendu public à Maore par le sénateur Ump (le parti du président français) de l’île, Ibrahim Soibahaddine Ramadani, s’articulent autour de six matières, parmi lesquelles le droit des étrangers, le droit du travail et la fiscalité. Le Mahorais devra, en outre, ‘‘[i]intégrer les valeurs républicaines françaises’’, c’est-à-dire avoir un état-civil fiable, une seule justice (plus de justice du cadi kadhwi), une meilleure maîtrise du français, ou encore le respect de l’égalité hommes-femmes.
D’après un analyste, Eric Trannois, ‘‘la marche vers la départementalisation se heurte immanquablement à “l’adaptation à Mayotte” des mesures envisagées’’[/i]. Ceci parce que ‘‘[i]ces ‘adaptations’ consistent le plus souvent pour une grosse partie de Mahorais à refuser ce qui les dérange’’.
Autrement dit, selon Trannois, ‘‘les Mahorais veulent être départementalisés, mais avec une législation sur mesure qui se pencherait davantage sur les droits que sur les devoirs!’’.
Ceci se justifie par le fait que ‘‘c’est l’Islam qui rythme encore la vie de l’île[/i]’’, et, dans ces conditions, « [i]comment faire un ensemble homogène avec de telles différences ? »
Mais, mis à part ces ‘‘petits soucis’’ [/i]internes, Mayotte-département se heurte à d’autres ennuis d’ordre géopolitique, recensés par le professeur André Oraison, de la Faculté de Droit et des Sciences politiques de l’Université de La Réunion. De son point de vue, le changement de statut de Maore ‘‘[i]serait considéré comme une nouvelle manœuvre de la France dirigée contre le peuple comorien, qui revendique Mayotte depuis son accession à l’indépendance le 6 juillet 1975’’.
De même, sur le plan politique et diplomatique, André Oraison craint que ceci ‘‘ne soit de nature à entraîner de nouvelles critiques émanant d’entités internationales telles que les Nations unies et la Ligue des Etats arabes qui se sont toujours prononcées pour le retour de Mayotte dans l’ensemble comorien, sans consultation préalable de sa population’’.
Ajoutés à l’appui sans faille témoigné par les hautes instances de régulation du droit international, cet argumentaire n’attend qu’un surplus de volonté et d’abnégation de la part du gouvernement et du peuple comoriens afin de contrecarrer une volonté diabolique d’une ex-puissance coloniale nuisible.
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Sardou Moussa[/b]

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