Harmonisation. Le dialogue pourrait reprendre ce week-end
06 mai 2010

Après l’échec des premières discussions entre le pouvoir et les exécutifs insulaires à propos de l’harmonisation électorale et la décision du Congrès de fixer les élections du président de l’Union et des gouverneurs des îles en novembre 2011, la communauté internationale, sous les auspices de l’Union africaine, tente de recoller les morceaux et de faire revenir les différentes parties à la table des négociations. En vain jusqu’ici. Sur la base d’une proposition de sortie de crise, qui fait état d’un régime transitoire d’un an, assorti de “toutes les garanties nécessaires”, l’Envoyé spécial de l’Ua, l’ambassadeur José Francesco Madeira, essaie, depuis une semaine, d’arracher des concessions de part et d’autre. A ce jour, la reprise du dialogue bute sur le format des discussions : alors que le gouvernement exige que les délégations insulaires soient composées seulement d’élus (députés et conseillers), le gouverneur de Ngazidja, Mohamed Abdouloihabi, “refuse de se faire dicter” les membres de sa délégation.
Selon le ministre de l’Intérieur, Hassane El-Barwane, le format que propose aujourd’hui le gouvernement est celui arrêté en avril dernier “en commun accord” avec le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Ua, Lamtane Lamamra, lors de son passage à Moroni. “Les participants au dialogue doivent être des représentants de la population, non des barons politiques qui ne représentent qu’eux-mêmes et qui faussent le jeu démocratique”, a-t-il déclaré à Al-watwan.
Il se réjouît que cette position soit partagée par certains responsables de l’opposition, “tel le député de l’opposition Ibrahim Ali Mzimba”. “Le format convenu est celui d’un exécutif insulaire composé de quatre personnalités dont le choix est laissé à la discrétion du gouverneur”, proteste Msaidié.
Depuis quelques jours, le député de Badjini-Ouest, Ibrahim Ali Mzimba, multiplie les déclarations à la presse et étale les divergences de l’opposition sur la place publique. Son plan de règlement de la crise semble se situer à mille lieux de celui de la Convergence (coalition des partis qui militent pour une tournante mohélienne en 2010). Me Mzimba se dit, en effet, favorable à une transition d’une année “qui serait conduite par le président Sambi”. Pour rassurer les Mohéliens, il exige des garanties et des gages de sincérité de la part du gouvernement comorien. Cette proposition tranche, à bien des égards, avec le durcissement du ton d’autres membres de l’opposition, qui appellent à des présidentielles de l’Union au plus tard en décembre de cette année.
Pour le ministre de l’Intérieur, la décision du Congrès de fixer les présidentielles en novembres 2011 ne peut être remise en cause par “on ne sait quel consensus politique”. “Il n’y a pas de concessions possibles. Seuls les députés sont habilités à revenir, s’il y a lieu, sur le calendrier qu’ils ont déjà adopté”. Autrement dit, tout compromis politique devra être entériné à l’assemblée nationale.
M. Inoussa

